Du 15 au 22 mars, la France métropolitaine a été par un épisode de pollution. Une large étude épidémiologique publiée, mardi 24 mars, dans le British Medical Journal ou BMJ l’a affirmé. Melinda Power (université Harvard, université Johns Hopkins) conduit ces travaux qui démontrent que la pollution atmosphérique aux particules les plus fines peut favoriser l’anxiété, via de processus purement biochimiques.

Les spécialistes ne sont pas étonnés de la conclusion. Les particules fines ont des effets négatifs sur la fonction respiratoire et le système vasculaire, et de récents travaux expérimentaux démontrent que les particules fines qui passent dans la circulation sanguine, par le système pulmonaire, peuvent engendrer un stress oxydatif et une inflammation des tissus cérébraux. Elles sont susceptibles de générer ou d’accentuer des troubles mentaux, ou une légère érosion des capacités cognitives

Un ensemble de 70.000 infirmières

Toutefois, cette étude épidémiologique d’ampleur est une première, et elle a mis en évidence un rapport, dans la population générale, entre pollution atmosphérique et anxiété.

Plus de 70.000 infirmières américaines ont été suivies depuis 1976, et ce sont les données issues de ces suivies qui ont été utilisées par les auteurs de l’étude. Un questionnaire rempli en juillet 2004, et qui faisait partie de plusieurs questionnaires avait comme but d’évaluer leur niveau d’anxiété à travers une série de questions, affecté d’une note de 0 à 16 (indice de Crown-Crisp) à chaque participante, à indice fort, anxiété élevée.

Pour ce faire, les chercheurs ont usé de l’adresse de résidence des participantes. Ensuite, ils se sont référés aux archives des mesures de deux types de particules fines, notamment les PM10 et les PM2,5, et ont employé les données météorologiques de l’époque. L’étude a déterminé que les femmes qui ont participé à l’enquête présentent un niveau d’anxiété proportionnel à leur niveau d’exposition aux PM2,5, au cours du mois ayant précédé le remplissage du questionnaire. Cependant, plus ou moins exposées dans les trois, six ou douze mois précédents, ces femmes ont un niveau d’anxiété reste inchangé, donc l’effet est à court terme. À noter que les PM10 n’impactent en rien sur le niveau d’anxiété.

Pour rester prudents sur l’interprétation de leurs résultats, les chercheurs font appel à d’autres recherches pour confirmer la causalité entre PM2,5 et anxiété. Michael Brauer, professeur de santé publique à l’université de Colombie-Britannique (Canada) estime qu’une littérature scientifique de plus en plus nourrie sur les effets de la pollution de l’air sur la santé mentale est ajoutée par ces découvertes.